Mort en octobre 2002, Bernard René Pierre Fresson était un acteur et un doubleur qui avait marqué sa génération par son génie et son talent. Plus de 18 ans après son décès, AmoMama vous propose de découvrir la maladie qui avait eu raison de lui.

Une voix profonde, un physique imposant, un regard dur et franc, tel est le portrait que l’on peut faire de Bernard Fresson. Cet acteur, qui s’illustrait dans les seconds rôles, était l’archétype même du méchant qu’on aime détester.
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Son décès avait laissé un grand vide dans le domaine du cinéma français. Avec lui, s’était éteint toute d’une époque.

UNE CARRIÈRE IMPRESSIONNANTE

Né en 1931 à Reims, Bernard Fresson était diplômé de l’HEC. Âgé de 28 ans, il envisagea pendant un moment de poursuivre une carrière dans le domaine sportif, mais il décida finalement de s’inscrire à l’école d’art dramatique de Tania Balachova.
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Bernard Fresson fit ses débuts dans « Le cheval dans la cuisine » en 1956. Cette représentation lui avait permis de faire connaître. De fait, les années 70 furent pour lui un tournant majeur dans sa carrière.

Incarnant à la perfection les rôles de bourgeois dont il faut se méfier ou encore de nouveau riche, Bernard Bresson était toutes les parties. C’est ainsi qu’il collabora avec les plus grands réalisateurs de son temps, notamment Philippe Labro, Alain Resnais, Roman Polanski, Claude Sautet ou encore Claude Berri.

Pendant plus de 40 ans, cet acteur né fit rêver les téléspectateurs. Parmi ses films les plus connus, l’on peut citer « Hiroshima, mon amour » sorti en 1959, « Adieu l’ami » en 1968, « Max et les Ferrailleurs » en 1971 ou encore « Germinal » en 1993.
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Le point fort de cet acteur hors du commun était sa capacité à jouer en espagnol, en anglais, en allemand ou en italien. Avec les années 90, il fut plus fréquent à la télévision.

Il joua dans « Les Cinq Dernières Minutes » en 1967, on le retrouva également dans « LA bataille d’Hernani » où il incarnait Victor Hugo. Il obtint même une nomination aux César grâce à sa prestation dans « Place Vendome » en 1999.
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À la télévision comme sur scène, Bernard Fresson fit des merveilles. Toutefois, il n’était pas totalement satisfait de sa carrière. Pour cet homme qui avait le goût du risque, sa vie professionnelle avait quelque chose d’inachevé.

En effet, il rêvait de jouer dans une comédie musicale, mais aucun des deux cent cinquante personnages qu’il interpréta n’avait de goût pour ce type de film. Néanmoins, en 2001, il eut la chance de figurer dans l’opérette « Dimey de père en fille ».
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Hors des plateaux, Bernard Fresson était un homme à qui la vie avait souri. Celui qui avait incarné Dom Juan, avait décidé de se marier en 1988, et qui mieux Sophie Levrez, celle qui fut sa compagne pendant de longues années, pouvait tenir ce rôle.
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Bernard Fresson était également père de deux enfants, Joséphine et Frédéric qu’il avait eu avec Frédérique Ruchand, sa première épouse.

L’acteur Bernard Fresson, l’homme qui avait tant apporté au cinéma français, souffrait d’un cancer qui affecta sa carrière, mais jusqu’au bout, la vedette du petit écran ne baissa pas les bras.
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Son dernier film, « L’adversaire » témoigne encore de l’envie de vivre qui l’animait dans ses derniers instants. Il espérait incarner Jaurès dans l’adaptation de Roger Martin du Gard, mais cela n’a pas pu se faire.

Transporté à l’hôpital d’Orsay, Bernard Fresson rendit son dernier soupir le dimanche 20 octobre 2002. Sa belle voix de baryton se tut à jamais. Ses restes reposent au cimetière Père-Lachaise.