La grossesse qui a vu naître un petit garçon à Washington en juin 2014 semblait en être une comme les autres. Gestation, naissance et évidemment examens de routine : au moment de soumettre le bébé aux contrôles habituels, un détail troublant est toutefois apparu.

Les tests sanguins ont en effet révélé une différence entre les groupes sanguins des parents et du bébé, ce qui a incité le père à faire un test de paternité. Résultat ? Il n’était pas le père du bébé. Si vous pensez à un cas d’infidélité ou à une erreur médicale, vous vous trompez, car l’homme était en fait porteur des gènes d’une autre personne, à savoir son frère jumeau à naître. Un cas incroyable de chimérisme génétique.

Si vous êtes perplexe, sachez que vous n’êtes pas seul. Mais essayons de clarifier les choses. Le père du bébé était, sans le savoir, une chimère humaine, c’est-à-dire un individu qui, dans le patrimoine génétique de son corps, porte des cellules d’origine différente et génétiquement distinctes. De véritables « ensembles » d’ADN distincts, donc, qui ont fait en sorte que l’enfant ait des gènes qui ne pouvaient pas être liés à ceux du père.

Et chose incroyable, la deuxième lignée génétique, celle transmise au nouveau-né, était précisément celle du jumeau que sa mère (la grand-mère de l’enfant) avait perdu au début de sa grossesse. Selon les précisions apportées par les médecins, pendant les neuf mois passés dans le ventre de sa mère, l’homme de Washington a absorbé l’ADN de son frère jamais né dans ses cellules reproductrices, créant ainsi un incroyable « mélange ». C’est pourquoi le « vrai » père du bébé serait son oncle.

 

 

Tout cela a été découvert sans que ni le père ni la mère ne soient conscients de cette caractéristique de l’homme. Avant la grossesse, le couple avait suivi des traitements spécifiques de fertilité, et pendant un moment, ils ont même cru que le sperme donné avait pu être mélangé ou confondu par erreur. Ce n’était pas le cas : la réalité a révélé quelque chose de bien plus surprenant.

Un peu comme une chimère, un monstre légendaire de la mythologie grecque décrit comme une créature ayant le corps d’une chèvre, la queue d’un dragon et la tête d’un lion, ce père englobe plusieurs identités, et devient génétiquement l' »oncle » de son propre fils. Un cas vraiment étonnant qui, bien sûr, a suscité beaucoup d’attention dans le domaine médical, faisant l’objet d’études spécifiques et laissant les chercheurs perplexes. Malgré sa particularité, il ne s’agit pas d’un événement isolé : dans le passé, il y a déjà eu d’autres épisodes de chimérisme, tant par le père que par la mère.

 

 

Le couple Washington, après ce premier bébé, en a donné naissance à un autre, qui s’est révélé être cette fois leur véritable enfant génétique. Selon les experts, ces cas pourraient être beaucoup plus nombreux qu’on ne le pense, et avec l’avènement des tests ADN de plus en plus accessibles, qui sait combien d’autres « non-parents » pourraient apparaître..