Depuis l’arrivée des variants du virus Sars-CoV-2, le gouvernement et le Haut conseil de santé publique (HCSP) préconisent de ne plus utiliser les masques artisanaux et de catégorie 2. Que risque-t-on si l’on continue à les porter ? Peut-on être verbalisé pour ce type de masque ? Suite à cette question d’un internaute, nos confrères de Nice Matin font le point.

Face à la plus grande contagiosité des variants, les masques confectionnés à la maison sont désormais bannis. Cette mesure fait partie des nouveaux dispositifs de protection mis en place par le gouvernement pour combattre la propagation de la maladie sur le territoire français. Ainsi et suivant les recommandations du HCSP, l’exécutif a publié le 21 janvier un décret stipulant qu’il est interdit de porter des masques de catégorie 2 ou artisanaux.

“Les mutants et variants du coronavirus changent complètement la donne depuis trois semaines”

Lors d’un entretien avec BFM TV, Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique révèle que les variants du virus “apparaissent de façon multiple, ont des facteurs de transmission plus élevés, et accélèrent la transmission”, ce qui changerait la donne sur le territoire. Dans ce sens, l’exécutif a recommandé l’utilisation de masques en tissu de catégorie 1 et chirurgicaux pour octroyer une meilleure protection en cas de contact avec une personne porteuse du virus. Ces derniers seraient plus à même d’éviter les projections de gouttelettes contaminées, explique Femme Actuelle.

Quels sont les masques autorisés ?

Toujours selon le magazine, trois types de masques seront permis d’un point de vue légal : les FFP2, les masques chirurgicaux et les industriels dits de catégorie 1. Mais à la différence des deux derniers, les FFP2 ne sont pas généralisés car principalement destinés aux professionnels de santé au contact très rapproché avec les malades, comme lors d’une intubation par exemple. Ainsi, Olivier Véran a révélé que pour l’heure, ce type de masque n’est pas recommandé. Il précise par ailleurs que d’après les informations du HCSP et des scientifiques, “si deux personnes portent un masque filtrant à 90%, l’efficacité est la même que si une personne porte un masque FFP2 et l’autre, un masque classique”.

Plus difficiles à porter et plus coûteux que les masques chirurgicaux, les FFP2 sont utilisés pour protéger de l’inhalation de particules suspendues dans l’air et de gouttelettes. Interrogé par nos confrères de la Croix, Alexandre Bleibtreu, infectiologue à la Pitié-Salpêtrière explique qu’en théorie, ces derniers octroient une meilleure protection. Mais encore faut-il savoir les porter correctement en supportant leur adhérence plus importante sur le visage, poursuit le médecin.

Les masques artisanaux n’offrent pas des garanties suffisantes pour le HCSP

Sur France Inter, Olivier Véran réagit à la recommandation du HCSP d’éviter les masques artisanaux moins filtrants compte tenu de la présence du variant britannique sur le sol français. Il explique ainsi que “La quasi-totalité des masques industriels grand public ont des capacités filtrantes supérieures à 90%. C’est ce qu’on appelle les masques grand public de niveau 1”. Pour autant, les masques artisanaux fabriqués à la maison, “avec la meilleure intention du monde et en respectant les normes Afnor”, n’octroient pas forcément les garanties requises pour le Haut conseil de la santé publique, a-t-il poursuivi.

En outre, d’après des normes établies par l’Afnor, les masques de catégorie 2 ne bloqueraient que 70% des particules contre 90% pour ceux de catégorie 1. Dans ce sens, Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail permanent Covid-19 au Haut conseil recommande de “s’orienter vers des masques de catégorie 1 qu’on achète dans l’industrie et qui ont l’avantage d’être validés par l’industriel qui vous les vend”.

Risque-t-on une amende si l’on porte un masque artisanal ou de catégorie 2 ?

Interrogé à ce sujet par un internaute, Nice Matin explique que pour un officier de police, différencier entre des masques de catégorie 1 ou 2 s’avère difficile car la classification de ces derniers est inscrite sur la notice ou l’emballage et non sur le masque lui-même. Une source à Matignon explique par ailleurs à nos confrères du Parisien qu’ “Il ne va pas y avoir du jour au lendemain des contrôles du niveau de filtration des masques, d’ailleurs ce n’est même pas écrit dessus”, ajoutant que le plus important est que cela devienne la norme “pour tous se protéger les uns les autres et on veut clairement passer ce message aux Français”. Certains experts estiment d’ailleurs que le port du masque est une marque de respect mutuel pendant la pandémie.