Depuis leur apparition en Afrique du Sud, en Angleterre ou encore au Brésil, les variants du virus font l’objet d’une attention accrue. Interrogé par nos confrères de Medisite, le professeur Stéphane Gayet fait le point sur les symptômes à surveiller, notamment en ce qui concerne le variant britannique, déjà présent sur le sol français.

Si l’évolution d’un virus est un phénomène normal, cela n’empêche pas les autorités sanitaires de surveiller la situation de près. En effet, l’émergence de nouveaux variants peut inquiéter dès lors que la transmissibilité augmente ou que le virus est susceptible d’échapper à notre réponse immunitaire, comme l’indiquait le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies dans un document daté du 29 décembre. Mais avant de passer aux symptômes, que sait-on à leur sujet ?

Certains variants sont présents en France

Brésilien, sud-africain, britannique ou encore californien…Le Figaro met en avant les variants qui auraient été repérés par les scientifiques, certains d’entre eux étant déjà présents dans l’Hexagone :

1. Le variant sud-africain

Il serait apparu durant le mois d’octobre dernier et est désormais prédominant en Afrique du Sud. Connu sous le nom de variant 501Y.V2, il serait “50% plus transmissible”, d’après l’épidémiologiste Salim Abdool Karim. En outre, il aurait été détecté dans plusieurs pays et l’Hexagone en fait partie, avec 10 cas recensés jusqu’à présent selon Santé Publique France.

2. Le variant britannique

Connu sous l’appellation VOC202012/01, ce variant est le premier à avoir attiré l’attention des scientifiques. Identifié en septembre, il serait à ce jour présent dans près de 70 pays et représentait au 19 janvier 1 à 2% des cas dépistés en France, selon Olivier Véran. Le 26 janvier, des médecins de l’AP-HP ont indiqué qu’environ 10% des cas seraient concernés par ce variant en Île-de-France. Il serait également 50 à 70% plus transmissible que le virus initial.

3. Le variant brésilien

Détecté pour la première fois en janvier, ce variant nommé P.1 a été repéré au Japon chez 4 personnes à leur retour d’Amérique du Sud. Les détails manquent encore à son sujet, mais selon Le Figaro, sa contagiosité serait plus importante. Aucun cas n’aurait pour l’heure été recensé en France.

4. Le variant californien

Il porte le nom de CAL.20C et aurait été découvert vers la mi-janvier par un centre médical dans la ville de Los Angeles. Selon cette même source, il serait partiellement responsable de la recrudescence importante des cas dans la Cité des Anges durant les 2 derniers mois. Il a notamment été évoqué par le président du Conseil scientifique qui a indiqué lors d’un entretien avec BFM TV que “Les nouveaux variants anglais, sud-africain, brésilien, et maintenant californien changent complètement la donne depuis maintenant trois semaines ». Les autorités sanitaires n’ont toutefois pas révélé son existence en France.


Ces variants sont-ils plus dangereux ?

La virulence et le taux de létalité des variants suscitent encore plusieurs questions. Dans ce sens, il est, pour l’heure, impossible d’affirmer quoi que ce soit à ce sujet. Les scientifiques craignent toutefois une reprise plus forte de la pandémie en raison de leur contagiosité plus importante. “Si on continue, il y aura 12%, 14%, 15% de variant britannique dans les semaines qui viennent” a indiqué Jean-François Delfraissy le 25 janvier.

Le premier ministre britannique a quant à lui évoqué la possibilité que le variant apparu au Royaume-Uni soit plus mortel mais les données restent limitées. Jean-François Timsit, chef de service de réanimation médicale et infectieuse à l’hôpital Bichat a souligné qu’un tiers des patients était positif à ce variant mais il précise toutefois n’avoir “pas remarqué d’augmentation de sa virulence”.

Quels sont les symptômes à surveiller pour les nouveaux variants ?
De manière générale, il est estimé que les variants identifiés présentent des symptômes similaires à ceux que nous connaissons déjà. Comme le soulignent nos confrères de Doctissimo en faisant référence au variant britannique : “aucune donnée, ne montre à ce jour une différence de gravité, ni de symptômes ou encore de durée de la maladie”.

Cité par The Sun, le professeur Chris Whitty, médecin-chef pour l’Angleterre a également indiqué que selon lui, les symptômes des nouveaux variants ne diffèrent pas de ceux qui ont déjà été recensés pour le variant dans le pays. Ainsi, les symptômes semblent impliquer ceux qui sont listés par l’OMS, en sachant qu’ils ne sont pas forcément communs à tous les individus et que les cas peuvent varier d’une personne à l’autre. Ces derniers comprennent, entre autres :

Une toux sèche

Une fièvre

Une fatigue

Des maux de tête

Des maux de gorge

Une diarrhée

Des courbatures

Une perte du goût ou de l’odorat

Une conjonctivite

Une décoloration des extrémités ou des éruptions cutanées

Dans les cas les plus graves, la personne peut avoir des difficultés à respirer, se sentir essoufflée, ressentir une douleur ou une oppression au niveau de la poitrine, ainsi que subir une perte de motricité ou d’élocution.

4 symptômes observés fréquemment chez les cas atteints du variant britannique
Bien qu’il n’existe encore aucune certitude qui puisse confirmer qu’un variant spécifique puisse entraîner des symptômes particuliers, le Pr Gayet, infectiologue au CHU de Strasbourg met en avant certains signes fréquemment observés chez les patients atteints par le nouveau variant britannique. Ces derniers impliquent une fièvre, une fatigue plus importante, des maux de tête ou encore une toux. Selon le médecin, ce dernier symptôme s’expliquerait par une transmissibilité plus importante du variant qui entraînerait plus de formes symptomatiques que la souche initiale.

Rappelons toutefois que les connaissances manquent encore à ce sujet, ces observations sont donc à prendre avec des pincettes.